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Fausse Commune.




Il y a quelques jours, se tenait le procès des gilets jaunes qui, voilà deux ans, avaient vandalisé l'Arc de Triomphe. À cette occasion, certains journalistes, s'offusquant du fait de voir une femme sur le banc des accusés, en ont profité pour répéter en boucle que la violence, en France, se banalisait, soulignant que cette violence allait désormais crescendo, larmoyant devant les quelques statues défigurées et les tags "sauvagement" peints sur l'édifice national. Ces inscriptions avaient pourtant un air de déjà vu. En effet, on pouvait lire : Classe contre classe ou Renverse la bourgeoisie ou encore Fin de régime. Rien de bien nouveau sous le soleil révolutionnaire...

Les médias ont longuement parlé de honte, de saccage. Sans doute ont-ils oublié qu'il y a tout juste cent cinquante ans, des émeutiers sévissaient déjà en haut des Champs-Élysées. Et ceux-là étaient autrement plus violents que la bande de gamins qui a cassé, tantôt, en jaune. Il ne s'agissait pas de quelques tags ou visages de statues abimés. À l'époque, on fracassait la colonne Vendôme, les Tuileries brûlaient ainsi que l'Hôtel de Ville. Les cris pourtant étaient les mêmes : Liberté ! Justice ! Droits sociaux... La répression avait été terrible. Partout, dans tous les quartiers de la capitale, on fusillait et on enterrait. On fusillait, et on enterrait... Des hommes, vieillards, enfants, femmes...

D'ailleurs, il y avait une femme, déjà, à la tête des insurgés, une vierge rouge. C'était une institutrice grande et osseuse, à la longue robe noire barrée sur la poitrine d'une écharpe écarlate.

Il en faut des convictions pour donner sa vie à une cause ! Si l'on peut regretter, aujourd'hui, une part de ce temps-là, c'est bien à mes yeux le manque d'idéal qui nous pétrifiera tous plus sûrement que les œuvres-d 'art démolies de François Rude. Cette femme, donc, se battra jusqu'au bout avant d'être arrêtée puis déportée du Havre en Nouvelle-Calédonie. Elle se nommait Louise Michel.

Je ne voudrais pas, ici, comparer les gilets jaunes d'il y a deux ans aux communards d'il y a un siècle et demi. Cependant, il faut avouer que les combats, quand ils sont justes, semblent toujours légitimes même si la violence, elle, ne l'est pas.

Il en est peut-être pour les Régimes comme pour les virus, ils peuvent parfois avoir besoin d'une piqure de rappel...

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