Poèmes tirés de mon recueil  de poésies : "Les vains mots"

LES PAUVRES GENS ou HUGO DELIRE

 

Elle est aveugle des yeux,

Il est sourd des oreilles.

Impuissant du milieu,

Frigide des orteils.

Il est chauve des cheveux,

Elle est cardiaque du cœur.

Et ils sont, tous les deux, sans travail et chômeurs.

 

Il a un bec-de-lièvre,

Elle, une culotte de cheval

Qui aurait eu la fièvre.

Ses douleurs lui font mal,

Elle est manchote d'un bras

Et lui est bot d'un pied.

Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils sont divorcés.

 

            Il a la garde du chat,

Elle, à la gare du Nord,

A perdu son passeport,

Lui son harmonica.

C'est tout d'même un peu fort !

Ils sont dans l'embarras :

C'est un chat angora qui fit leur désaccord.

 

            Ce n'est pas suffisant ?

Ils sont vides de la tête !

Il a une rage dedans !

Elle a filé un bas ! Et CA, ça les embête... !

ALEXANDRE

 

         Alexandre a vu grand

et il est mort.

         Bonaparte a vu grand

et il est mort.

         Colomb a vu grand

et il est mort.

         Einstein a vu grand

et il est mort.

         Freud a vu grand...

... Kennedy, Lénine, Mozart ont vu grand.

Ils sont tous morts.

Mais "Dieu Est Vivant !"

Pourquoi ?

Il n'avait pas vu grand..?

ET POURQUOI PAS

 

Et pourquoi pas le ciel ?

     Et pourquoi pas pour moi ?

          Pourquoi pas le soleil ?

               Dites-moi un peu pourquoi

                    Grimper à une échelle,

                          Ou monter sur un toit ?

                                   Car pourquoi pas le ciel,

                                          Si le ciel est en bas...

J'EXECRE LE SON DU CORPS

 

                  Un gros homme rouge

           sonne du cor

             ce, dès l'aurore,

               au fond des bois.

 

 

                 Quand rien ne bouge

                      Toi, mon ami

                       Dis-moi pour qui

                          sonne le gras ?

  LE CALVAIRE DE LA PINCE A LINGE DEPRESSIVE

 

    "L'ennui quand on s'ennuie, c'est qu'on ne sait pas quoi faire. A trop tourner en rond, on s'use le cerveau..."

        

     Que l'on soit pince à linge de prince ou de prolo,

on reste un funambule sur un fil de fer.

         Que la culotte soit de dentelles ou coton,

qu'elle flotte au vent du large ou au dernier balcon

d'un immeuble gris sale perdu d'une banlieue,

puisqu'il faut raisonner force est d'admettre que :

         ce n'est qu'une culotte, qu'on en tient que le fond.

 

       Le drame, chez une pince, c'est de manquer d'ressort ;

c'est comme de manquer d'air pour un aspirateur,

ou être incontinent pour un percolateur,

cela ressemble vite à une petite mort.

         On a beau être pince, quand on se laisse aller,

voyez comme les mâchoires vont tôt se desserrer,

et comme cette pauvre vie ne tient plus qu'à un fil,

n'ayant plus raison d'être, puisqu'elle n'est plus utile.

         Le ressort de sa vie c'était l'utilité !

         Ayez un peu pitié de ces objets inertes !

qui, pour mieux nous servir, pour nous être fidèles,

n'ont pas peur de vieillir, de courir à leur perte.

         Car, cette pince, jadis, que j'ai connue alerte

celle qui, de toutes les pinces était vrai la plus belle,

cette pince, autrefois, j'en ai pincé pour elle...

Toutes proportions gardées

Le jour où ma grande sœur a épousé un nain,

Ce jour le nain d'ma sœur a pris un air hautain.

Au train où vont les choses, puisqu'elle est sa moitié,

C'est sûr qu'un jour ou l'autre il va la dépasser.

Le jour où un manchot a voulu l'embrasser,

Après l'avoir, c'est vrai, disons "manipulée"

Et comme ma pauvre sœur semblait se laisser faire,

Ce jour elle fut rossée par mon demi beau-frère.

Le jour où elle sentit douleurs dedans son ventre,

Ce jour, elle sut qu'elle... avait cessé d'attendre

Et sans se faire prier, se prenant par la main,

Elle accoucha alors d'une poignée de nains.

Le jour où ils grandirent, ou peut-être le lendemain,

Accompagnant ma sœur dans tous ses va-et-vient,

Marchant derrière elle, formant ainsi cortège,

Depuis ce jour, ma sœur, on l'appela : "Blanche-Neige".

L'œuf rimeur

 

 

J'ai pris une rime en œuf, délicatement posée

Sur une aut'rime en surf, le tout mis sous mes pieds

Jusqu'à une rime en ville, d'alizés balayée.

Je me suis démarqué de l'air qu'on dit tionné.

 

J'avais une rime en fric, mais on me l'a volée

Dans une cité en tic où un escroc futé

A su vite me tirer mes plus beaux vers du nez.

Loin des voitures en files, je me suis débarqué

 

La belle rime en surf, soigneusement j'ai rangée.

La deuxième rime en fric, je l'ai vite oubliée.

Restait plus qu'à plancher sur le dernier tercet...

 

Sur les trois rimes, en pleurs, longtemps j’ai dû ramer

Pour une dernière en île sur laquelle suis resté.

Et la première en œuf, eh bien, je l'ai gobée...

Formulaire d'abonnement

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn

©2020 par Marc GERARD Auteur. Créé avec Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now